À propos

Portrait de Joël Bonnand, accordeur de piano

Mon premier piano était un Gaveau. Il ne voyait pas souvent l'accordeur, et se trouvait donc accordé un ton en dessous.

Pour l'oreille musicale, c'est déconseillé. Je vous accorde que cela ne m'a pas gêné dans mon métier d'accordeur de piano. Mais c'est peut-être pour cela que je n'ai pas l'oreille absolue — celle du musicien capable de nommer n'importe quel son. Il faut dire que ce piano à cadre bois tenait pourtant très bien l'accord.

Quand j'étais plus jeune, l'accordeur qui venait l'accorder ne le montait qu'un ton en dessous, de peur qu'à la bonne hauteur il ne tienne pas. C'est une erreur.

Il faut toujours accorder un piano dans le ton, c'est-à-dire avec un la à 440 hertz.

Aujourd'hui je ne joue que sur des pianos bien accordés, puisque je joue sur ceux que je viens d'accorder. Je loue des pianos, j'en accorde, j'en répare, j'en vends et j'en achète. Des pianos noirs, blancs, noyer ou merisier. Des Yamaha, des Schimmel, des Kawai, des Geyer.

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